André Balthazar, L'air de rien

Titre

André Balthazar, L'air de rien

Créateur

Date

2004

Description

Catalogue d'exposition au Musée Ianchevelici du 17 septembre au 7 novembre 2004.
Textes et illustrations choisis par Roland Breucker et Alain Delaunois. Conseiller : Jean-Pierre Verheggen
Une exposition en forme de portrait rend hommage au « rêveur immobile » André Balthazar.
Mosaïque d'artistes et redécouverte de ses textes

Format

21 X 25 cm

Langue

fr

Support

160 p.

Identifiant

ACDB-BAL-A-0 000 107
ACDB-BAL-A-0 000 156
ACDB-BAL-A-0 000 160
ACDB-BAL-A-0 000 158

Résumé

Tomber la veste avec grâce
* Une exposition en forme de portrait rend hommage au « rêveur immobile » André Balthazar. Mosaïque d'artistes et
redécouverte de ses textes
redécouverte de ses textes.

DANIÈLE GILLEMON

Une exposition en forme de portrait ? Voilà qui n'est jamais facile, surtout quand le principal intéressé est foncièrement allergique aux pistes bien tracées et passeur patenté, de surcroît, de mots et d'émotions dont il extrait comme personne, mais mezzo voce, les saveurs secrètes.

Deux comparses, Roland Breuker et Alain Delaunois, ont donc fait ce qu'il était « commissairement » possible pour approcher, dans cette exposition sympathique, la personnalité complexe et attachante d'André Balthazar, ses deux faces, plastique et littéraire, souvent interpénétrées.

Lové à sa région comme Blavier à Verviers (ou Michaux à Namur !), il en a, comme eux, éprouvé et transgressé les limites.

On ne pénètre dans l'intimité de ce personnage secret, de ce « rêveur immobile » affublé en poète singulier que jusqu'à un certain point, retrouvant ses textes et son intérêt pour un certain type d'expression artistique tout en humeurs concrètes et subversives.

Camille De Taeye avec son lexique de matières incongrues, la beauté cavalière de ses « intégrations » est évidemment au rendez-vous comme Bury, le vieux complice - les jeux toujours frais de ses cinétisations - ou Alechinsky dont les enluminures sur vieilles obligations ont gardé une indéniable verdeur.

Les Segui, Vinche, Belgeonne de la première heure étaient bien faits, eux aussi, pour l'intéresser, maniant le corpusculaire et le cosmique, le rustique, le social et le poétique sans effets de manche. Les humoristes noirs, Topor, Searle, Breuker..., sont là, pas loin des chefs de file, Magritte, Dotremont, Giacometti et les autres.

Tous ont, bien entendu, tombé la veste. Comment s'étonner dès lors que l'homme Balthazar a aussi collectionné les... emballages d'orange. Pas les épluchures que, l'air de rien, il laisse aux artistes professionnels !·

Musée Ianchelevici, 21, place communale, La Louvière, jusqu'au 7 novembre, du mardi au dimanche de 14 à 18 heures, téléphone : 064-28.25.30.

Une certaine réserve PORTRAIT

Né en 1934 à La Louvière, André Balthazar aura l'occasion d'apprécier la littérature et l'art dès l'enfance. Cette ouverture familiale le conduira vers des études de philologie romane à l'ULB. En 1950, il fait la connaissance de Pol Bury, peintre et sculpteur, qui lui ouvrira les portes des milieux artistiques et l'amènera à fréquenter les cercles surréalistes, Cobra, l'art abstrait et bien d'autres. Cinq ans plus tard, il fonde avec Bury l'académie Montbliard, d'où émergera, en 1957, la maison d'édition Daily Bul. Il publie son premier recueil de textes, « La personne du singulier », illustré par Pierre Alechinsky, en 1963. André Balthazar en écrira une quinzaine d'autres de manière irrégulière, tout en poursuivant ses activités d'enseignant, de critique d'art et d'éditeur. Il fera également partie des fondateurs du Centre de la gravure et de l'image imprimée de La Louvière.

Selon Alain Delaunois, l'un des commissaires de l'exposition, André Balthazar est resté discret sur son oeuvre littéraire pendant très longtemps, privilégiant ses activités d'éditeur et différenciant clairement les deux occupations. Ses poèmes et ses textes en prose font souvent référence à sa vie, notamment à ses souvenirs d'enfance.

L'auteur imposait également à ses écrits personnels une forme plus rigoureuse que celle autorisée dans le Daily Bul. Même s'il est arrivé à l'écriture par le surréalisme, sa formation reste celle d'un romaniste. On retrouve ce tiraillement entre classicisme et désinvolture dans des ouvrages tels que « Linnéaments » (illustré par Breuker) ou encore « Buffoneries » et, déjà, dans le choix de son mémoire, consacré à Henri Michaux, partagé lui aussi entre rigueur et délire. Mais, contrairement à Michaux ou à son ami Achille Chavée, André Balthazar a toujours observé une certaine réserve, s'effaçant presque derrière ses activités d'éditeur.·

S. d. P. (st.)

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Dépôt légal

2004/8263/2

Citer ce document

Balthazar, André, “André Balthazar, L'air de rien,” Centre daily-Bul & C° - Archives, consulté le 17 mai 2022, http://dailybul.be/archibul/items/show/4626.

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